

Les graphistes s’adonnent au spectacle, quelque part entre présentation powerpoint et roman graphique.
Graphiste installé à Toulouse, Sylvain Ameil réalise des missions en édition, identité de marque et publicité. Quelques réalisations sont visibles ici sous forme de présentation PDF.
Après un temps de missions en graphisme culturel au sein du duo carbone paroles, il découvre le salariat et l’exotique monde de l’administration en tant que chargé de communication à l’Urssaf Caisse nationale. C’est au cours de ce téméraire contrat à durée déterminée qu’il s’enthousiasme pour l’outil Powerpoint, logiciel de la suite Office très utilisé pour les présentations de projets. Une fois l’aventure à la sécurité sociale terminée, il décide de raconter des histoires sur un kamishibaï, ou théâtre d’images. qui, à bien y regarder, s’apparente à un powerpoint manuel.
Pour Sylvain, trop absorbé par le wysiwyg et l’écran d’ordinateur dans son travail, la pratique du théâtre d’images avec le projet Okay mytho est l’occasion :
De travailler à la main, renouant ainsi avec le plaisir du dessin et de la peinture,
D’utiliser des images pré-existantes pour valoriser, ré-éditer ces archives en lien avec les récits,
De raconter ses histoires et mythes pour accompagner des productions graphiques, pour faire spectacle.
Cette proposition est la rencontre de deux compétences : l’une professionnelle, de créateur et chineur d’images, l’autre amateure, de raconteur d’histoires. C’est l’occasion pour l’intervenant de créer un projet personnel, hors de toute commande d’art appliqué. Un endroit où peut se déployer une cosmogonie intime et universelle décorrélée du monde marchand.
Concevoir, par groupe de trois élèves, un kamishibaï, ou théâtre d’images A3 sur un castelet en carton.
Après avoir choisi un sujet, il faudra confronter deux à trois typologies d’images d’archives et originales en les imprimant au format du castelet, en les séquençant et les agrémentant d’un récit/exposé.
Chaque groupe présentera une histoire/conférence de 20 min le vendredi après midi, dans l’amphithéâtre.
Plusieurs thématiques peuvent être abordées par les élèves qui enrichiront le propos lors de leurs recherches. Il est possible de partir d’histoires personnelles des étudiants mais aussi d’essais ou de travaux existants pour lesquels on peut récupérer un fond d’images… Un article sur l’architecture préhistorique, un essai sur la typographie moderne, ou encore des visualisations graphiques réalisées à une époque précise...Tout ce qui peut être vecteur de savoir et agrémenté d’une histoire plus personnelle et sensible.
Bien qu’affaibli au Japon avec l’arrivée de l’animé, le kamishibaï est resté une pratique courante en raison d’une singularité : le kyôkan, traduit par « sentiment partagé » ou « expérience émotionnelle commune » entre l’acteur et le public.
Quel est notre rapport au récit, notre interprétation du quotidien en fonction de nos références culturelles et nos expériences affectives ? Quel place a l’intervention graphique dans ce sentiment partagé ? Peut-elle exister ailleurs que dans le kamishibaï ?
L’acte de création puis d’édition : comment s’articulent texte (dit) / image (vu) ? Quel rôle tient la narration dans la capacité à retenir des spectateur.ices ? Où le.a graphiste peut exercer ? Quelle différence entre le lu et le dit ? Quel apport de la pratique du théâtre d’images pour l’art graphique appliqué ?
Quelle forme pour le livre ? Le théâtre d’images n’est ni un codex (feuille pliées et reliées), ni un rotulus (rouleau, site internet). Son format est à part. Son animation est simple et questionne le rythme du livre, du site internet.
Articulation d’un contenu à différentes typologies d’images et textes
Scénariser un spectacle
Écrire une histoire à partir d’éléments visuels et mettre en image à partir de texte, aller retour texte image permettant de comprendre le visuel dans son articulation au texte
Prise en main d’un gabarit de mise en page pour impression d’image d’archives via ordinateur et imprimante.
Transmettre du savoir / transmettre une émotion
Mardi ⓱
Présentation du projet
Présentation castelet Okay mytho + spectacle histoire de l’intervenant « Renaud, le bar et la fève ».
Prise en main des sujets/thématique par groupe de 3, recherche d’iconographies et de textes liés à la thématique (Gallica, Rosalia, archives …)
Mercredi ⓲
Fabrication en carton du castelet format A3 et de sa façade.
Découpage en planches et séquences de planches (étapes de dévoilement) du contenu (manuel et ordinateur)
Impression A3 des premiers visuels au recto (coté spectateurs) et des extraits correspondant au verso (coté présentateur)
Jeudi ⓳
Enrichissement iconographique avec croisement de photos ou dessins d’archives
Création à la main d’infographie
Ajout de calligraphies
Vendredi ⓴
Répétition et ajustements transitions et calages
Présentations des histoires dans l’amphithéâtre, 1h dans l’après-midi
Tour de table avec retours des groupes sur la production des autres
Important
Matériel à prévoir en amont par les étudiant·es
Cutter, ciseaux, pinceaux plat 2-4-6 mm pour dessiner calligraphique, acrylique ou gouache, colle en stick, matériel de dessin (encre, crayons, fusains, pierre noire, stylos…).
Ordinateur avec logiciel de mise en page et traitement d’image
15 étudiant·e·s → 5 groupes de 3.
xL’art du rakugaki, B42La manga d’Hokusaï, HazanHistoire du kamishibaï (médiathèque)Mon livre d’heures, Franz Masereel, Cent pages l’architecture préhistorique, B42La typographie moderne, essai de Robin Kinross, B42La ligne de couleur de WEB Dubois, B42La lecture des pierres de Caillois, EXBLe transformateur et des hieroglyphes à l’isotype, B42Livret de pictogramme Gerd Arntz, Okay mythoLa banlieue en couleur, Robert Doisneau, La découverteLa fabrique des images, Roman Cieslewicz, MADTrésors de l’INRS, la sécurité au travail, Requins marteaux